Suite et fin de l’article visant à évaluer le temps réel de production orale des élèves en cours de langues.

2°) CALCUL PESSIMISTE

1° Une « heure de cours » ne fait en réalité que 55 minutes dans nombre de cas. On descend déjà à 690h réelles.

2° Soyons malgré tout optimistes et retirons seulement 5 minutes par séance pour les impondérables techniques, matériels etc (passage d’une activité à une autre notamment) qui prennent du temps. Nous sommes aux environs de 640h efficaces.

3° Admettons que les enseignants pratiquent et fassent pratiquer « l’oral » à leurs élèves la moitié du temps (en moyenne, sur l’ensemble de la scolarité). C’est sans doute surévalué1, mais partons de ce principe. On est donc à 320h d’oral sous toutes ses formes.

4° On ne parle pour l’instant que de « l’oral ». Mais quelle place reste-t-il à l’expression orale réelle, c’est-à-dire en énoncés complets ? On peut estimer qu’un tiers du temps revient au prof qui parle et qu’on écoute, un autre tiers pour de l’écoute autre (cassettes, vidéos, tous docs sonores, les autres camarades…), et le dernier tiers pour de la production.

Nous étions à 120h d’oral, divisé par 3, cela donne 40h pour chaque activité, dont la production orale.

 

5° Tout cela est à prendre dans le sens « classe complète » ! Or, autant le calcul ci-dessus paraît admissible pour l’écoute du prof, de cassettes etc, autant nous devons diviser le temps de production orale par le nombre d’élèves. Les 40h d’expression pour la classe deviennent donc 2h/élève si on se base sur des classes moyennes de 20 élèves.

 

Conclusion : 2 heures au total de production orale sur 7 ans.

 

 Notes:

1Fait-on cela en 1ère et Term, avec 2h/semaine et un bac écrit en ligne de mire ?

Pourquoi le projet mp3, pourquoi la vidéoprojection, pourquoi tous ces efforts pour exposer les élèves à de l’anglais et leur en faire produire ?…

On entend dire très souvent que le problème (car il y aurait un problème, dans la mesure où nos élèves ne parviendraient pas à apprendre correctement les langues étrangères), le problème donc viendrait du manque de contact des élèves avec l’anglais. Pas de films en VO, peu d’échanges linguistiques, bref il ne reste plus que la salle de classe.

L’idée n’est pas stupide en soi, mais j’ai voulu essayer de me faire une idée : combien de temps un élève lambda parle-t-il effectivement l’anglais au fil de sa scolarité ? (je parle d’anglais par commodité, on peut lire «LV1» si on préfère, j’imagine bien que les lecteurs profs d’autres langues ne m’en veulent pas…). Voici donc le résultat de mes brillants calculs, n’hésitez pas à me dire si vous voyez des failles dans le raisonnement !

Je vous livre aujourd’hui le calcul optimiste, demain ce sera moins gai…

Disons 35 semaines de cours/an, sur 7 ans. En collège 3,5h/semaine en moyenne, en lycée 2,5h/sem. Mes moyennes sont généreuses mais passons1. D’ailleurs on va parler en « séances » et non en « heures ».

On arrive pour le collège à 4 ans x 35 semaines x 3,5 séances = 490 séances de cours

Pour le lycée, 3 ans x 35 semaines x 2,5 = 260 séances

 

J’arrondis et néglige le fait qu’il est rarissime en lycée de totaliser 35 semaines de cours/an… Mais passons là encore! Total donc: 750 séances de cours

 

1°) CALCUL OPTIMISTE

Admettons que l’enseignant sollicite systématiquement ses élèves pour produire des énoncés complets (ce qui peut durer 10 secondes environ) à tous ses cours, et qu’il s’efforce d’aller vers tous ses élèves, même ceux qui ne veulent pas prendre la parole, et ce pendant 7 ans sans relâche ! On est encore assez optimiste… mais on peut espérer que chaque élève pourra ainsi s’exprimer 2 ou 3 fois par cours, avec à chaque fois une phrase de 10 secondes, disons donc 30 secondes par cours pour tous, en moyenne bien sûr.

30 secondes x 750 séances = 6,25h

Voilà, dans ces conditions « idéales » donc, on en arrive à une production totale de 6 heures et quart en sept ans.

Pour le lycée pris isolément, si l’élève reste dans cette moyenne optimiste, il est à 30 secondes x 260 séances, soit grosso modo 2h d’expression orale pour tout le lycée, soit encore 45 minutes par an

La suite demain.

 

1Généralement 2h/semaine en lycée, pour la Première et la Term. Seules les Secondes ont obligatoirement 3h/semaine/élève.

sans-titre-1.gifhttp://www.englishbaby.com

English, Baby! oui, c’est le nom du site… Un site très foisonnant, qui vise aussi à l’échange social, un côté Web 2.0 pas franchement utile dans le cas précis, mais bon… On y trouve beaucoup de choses, les archives sont libre d’accès (créez-vous une identité, c’est gratuit), et les fichiers sont accompagnés du script, d’un topo explicatif sur le contexte de la discussion, et d’un exercice de vocabulaire. En plus il y a un forum qui tourne souvent autour du thème évoqué.

L’intérêt réside dans le fait qu’il s’agit souvent de dialogues, très libres et improvisés (en apparence du moins), on profite donc du côté authentique, et ce avec de nombreux locuteurs différents.

Malheureusement, techniquement ce n’est pas toujours très fiable ni pratique, puisque les fichiers sont distribués en streaming, ce qui veut dire qu’il faut contourner un peu la difficulté pour obtenir son mp3 sur son disque dur ! Et sur certaines archives, le streaming débloque un peu, donc il faut s’armer de patience. Mais sur la masse, on trouve souvent son bonheur.

En revanche, mieux vaut se limiter aux «leçons» proposées par le site lui-même qu’à celles proposées par les membres/visiteurs, qui sont d’une qualité très inégale. Voici le lien pour accéder directement à la liste de leçons en question : http://www.englishbaby.com/lessons/authors/Ebaby%21

Anglais américain, plutôt côte ouest pour ce que j’ai entendu.

Je proposerai ici de temps en temps des sites sur lesquels je fais mon marché de mp3… Ce ne sont que des sites gratuits (ou, à défaut, dont je n’utilise que la partie gratuite) et ne m’imposant aucun outil particulier du type iTunes etc. Bref, je veux avoir du mp3 gratuit, simple, clair et net!

Listen to English – Learn English
http://www.listen-to-english.com/
Ce sont des textes écrits et lus par Peter Carter de Birmingham. Peter est très clair, il parle assez lentement et s’efforce de présenter des expressions courantes ou des situations quotidiennes qu’il explique avec netteté. Souvent en rapport avec l’actualité.

L’accent Brummie n’est pas un problème, ouf! Pas de dialogue en revanche, ni de variations dans l’accent, c’est vraiment juste un (vieux?) monsieur devant son micro.

new_logo.gif
ESLPod
(English as a Second Language Podcast)
http://www.eslpod.com/website/index.php
Un site très riche, avec des mises à jour très régulières, des textes conçus pour favoriser l’apport lexical et syntaxique de façon équilibrée. Souvent des dialogues, et le script est disponible. On peut accéder à des fonctions complémentaires en s’abonnant, mais la version «visiteur libre» est déjà très bien. Il s’agit d’anglais américain, et le site est animé par les Drs Tse et McQuillan.
En revanche je n’aime pas trop la structure habituelle de leurs podcasts, avec d’abord le dialogue en version lente, puis les commentaires et explications des mots difficiles ou importants (ça peut durer 10 bonnes minutes!), et enfin le dialogue à vitesse normale. Généralement, seul le dialogue m’intéresse, et plutôt la version normale que lente. Mais avec Audacity je fais mes petits découpages, et ça me va comme ça.

Il faut quand même que je le présente, ce petit outil magique qui va accompagner mes élèves toute cette année! (enfin, j’espère…!)

mp3-001.jpg

Il s’appelle e-stick, de la marque QPS3, il peut contenir 1GigaOctet de données, ce qui est énorme (certainement trop, par certains aspects, pour ce que je souhaite en faire), mais il devient de plus en plus difficile de trouver de petits lecteurs!

Devant un choix pléthorique, j’ai suivi deux directions: d’une part le prix, puisqu’il s’agissait d’équiper tout de même 35 élèves et que le financement allait se faire en interne, donc pas avec une cassette inépuisable (!), mais j’ai aussi vérifié avant l’achat la qualité de l’enregistrement de la voix. Ça m’a semblé très bien, très clair, et j’ai donc rapidement opté pour cet appareil, pour un prix inférieur à 30 Euros (27,90 en comptant une remise de 2 Euros par appareil, et j’ai vu que le prix avait encore un peu baissé depuis, à 24,90!).

À gauche, près de la prise du casque, 3 petits trous signalent le microphone. À droite, on retire le capuchon noir pour faire apparaître la prise USB que l’on connecte directement en façade sur les PC.

Le casque semble de mauvaise qualité (coussinets mal fixés…), ce qui n’est pas surprenant vu le prix, mais j’ai vu que beaucoup d’élèves utilisaient déjà leurs propres casques. Je ne pense pas que ce soit un problème. La pile fournie est également très bas de gamme.

L’appareil est très léger (30 grammes environ), les élèves pourront -devront!- donc l’avoir dans leur trousse à tout moment, au même titre qu’un stylo… Bien sûr, le lecteur est plus cher et plus fragile qu’un stylo, j’ai donc demandé qu’il soit rangé dans un emballage protecteur, car il est livré sous simple blister (là aussi, il faut bien expliquer le faible coût d’achat); les élèves ont déjà plein d’idées, habitués qu’ils sont à protéger leurs chers téléphones portables… je vois surgir des petits sacs rembourrés, des petites chaussettes… 😉

J’ai évoqué les fichiers LRC dans mon dernier post, il faut sans doute que j’explique de quoi il s’agit: ce sont de petits fichiers texte, que l’on peut créer avec un simple Bloc-Notes par exemple, et qui afficheront le texte de votre choix au moment de vore choix sur l’écran du lecteur mp3 pendant l’écoute.

Au départ, les LRC ont dû être conçus pour afficher des paroles de chansons, un peu comme pour un karaoke. Mais je les utilise d’une autre façon: je peux désormais afficher des mots-clés, des aides, bref de petites interventions écrites que je glisse au fil de l’écoute. Par exemple je peux proposer la transcription d’un nom propre nouveau ou difficile à comprendre. Ou bien afficher tel ou tel mot répété plusieurs fois au fil d’une conversation, et qui constituerait un obstacle lexical infranchissable s’il n’était clairement compris. Je peux encore placer des traductions ponctuelles, ou au contraire des scripts complets, ou encore afficher la solution d’exercices d’écoute -solution qu’il ne faudra regarder qu’après l’écoute évidemment…

Bref, les seules limites semblent être celles de mon imagination…

Techniquement c’est très simple, il faut créer un fichier texte qui indiquera au lecteur quand démarrer l’affichage du texte, à la seconde près.

Pour cela on ouvre le Bloc-Notes ou un équivalent quelconque, et on saisit le minutage qu’on aura préalablement repéré sur notre fichier son grâce à un lecteur.

La saisie se fait en minutes et secondes sous le format [MM:ss], suivi du texte voulu. Si par exemple je souhaite afficher le mot-clé «hocus pocus» à 37 secondes du début du texte, je saisis [00:37]hocus pocus. Je poursuis avec un autre affichage à un autre moment, etc. Si je veux cesser l’affichage d’un mot, il suffit de demander un affichage sans rien écrire. Dans l’exemple ci-dessous, le premier terme sera affiché 10 secondes à partir de 37 secondes, puis même durée pour le deuxième, et enfin il n’y aura plus rien jusqu’à la fin du fichier son.

lrc.jpg

Reste à en faire un fichier LRC (pour l’instant ce n’est que du texte): choisisez Fichier/enregistrer sous... puis dans la ligne de nom tapez "exemple.lrc" (les guillemets sont importants, c’est pour forcer l’extension en LRC, sans quoi le Bloc-Notes continue à considérer que c’est du texte tout bête et lui redonnera l’extension .txt!).

Attention, il faut que le nom de votre LRC soit rigoureusement identique à celui de votre fichier son. Donc ici, mon exemple.lrc ne pourra s’afficher qu’avec le fichier exemple.mp3!

Il existe une possibilité supplémentaire, qui revient à appliquer des tags (indications de source, genre, auteur etc) visibles au début du fichier son jusqu’à un premier affichage des termes qu’on aura choisis. Cela consiste à taper à la place de l’indication de temps les signes ti pour titre, ar pour artiste et al pour album, directement suivis des tags appropriés au sein des crochets.

Je n’ai pas encore eu besoin de ce système, mais c’est à envisager, pour indiquer la source de tel ou tel son peut-être.

lrc2.jpg

Tous les lecteurs mp3 ne comprennent pas le LRC, mais cela semble tout de même être le cas de la plupart des lecteurs récents. En tous cas, mes lecteurs le comprennent et je compte bien en user!

Juste avant la remise des lecteurs aux élèves, je me décide pour l’organisation suivante : les élèves viendront à étapes régulières télécharger des « packs » constitués de dossiers qui contiennent les fichiers sons. Je nomme les packs par un numéro et une date, donc ici « pack 1 octobre ».

On profitera d’être en salle multimédia pour qu’ils téléchargent leurs packs, mais ils pourront alternativement le faire de n’importe quel ordinateur du lycée (ils sont en réseau).

 

Je vais fonctionner dans deux directions, du moins sur ce 1er pack : d’une part je fournis des fichiers de travail sur la séquence qui vient (qui est déjà démarrée d’ailleurs), en prévision de tâches à venir, d’autre part je donne des fichiers liés à notre séquence précédente, ce qui permettra un rebrassage et une réactivation de ce que nous avons travaillé il y a quelques jours ou semaines.

 

Nous avons travaillé sur le thème des grands-parents juste avant, donc je remets un fichier son qui est une interview authentique d’une grand-mère1 parlant du plaisir de s’occuper de ses petits-enfants.

Nous avons démarré le thème FOOD, donc je mets le fichier son sur lequel nous travaillons actuellement (interview d’un restaurateur), ainsi que les autres ressources proposées par le manuel2 même si je ne vais pas tout exploiter (par ex le texte suivant me paraît trop complexe, mais je les laisse le lire et l’entendre s’ils le souhaitent).

 

Je pense beaucoup en faisant ce travail aux élèves qui pourraient vouloir écouter de l’anglais de façon volontaire, qui veulent progresser, je vais leur donner ce qu’ils attendent! Un 3ème dossier « extra » contient d’ailleurs un petit texte « zero.mp3 » qui reprend des expressions courantes et qui est en écoute libre.

 

Je choisis d’associer des fichiers de travail (au double format doc et odt) pour le travail facultatif, ici c’est une fiche de compréhension liée à l’interview de la grand-mère. Je sais bien que tous les élèves n’ont pas d’ordinateur, mais :

  • beaucoup en disposent tout de même

  • ce n’est pas nécessaire de disposer de la fiche, on peut se contenter de travailler en écoute même si c’est plus passif

  • ils peuvent toujours imprimer la fiche au lycée (ou me la réclamer éventuellement), et donc avoir une version papier et la travailler chez eux

 

Bilan du Pack 1 donc :

2 dossiers :

  1. grandparents (contenant l’interview de la grand-mère + fiche de travail/compréhension doc ou odt)

  2. food (avec une interview d’un restaurateur ; une courte activité de compréhension « where are we going to eat? » ; la lecture d’un article « a cake revival » (celui que je n’entends pas exploiter en cours) ; une série de monologues sur le thème « favorite foods » tirés de elllo.org ; et un exercice d’écoute/répétition sur l’accent tonique (« stress« ) associé à un fichier texte LRC.

  3. Extra contenant seulement « zero.mp3« 3 mais avec un LRC là aussi qui donne les mots-clés puis les solutions de l’exercice d’écoute.

1Tiré de elllo.org, il s’agit de l’interview de Vivian

2CD classe du manuel Prime Time seconde, unit 4 « Thoughts for Food« , plages 20 à 23

3Tiré du podcast de http://www.listen-to-english.com